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Marianne Faithfull

Fille de la baronne Erisso et d'un espion de la couronne britannique, petite-nièce du baron autrichien Leopold Von Sacher-Masoch, instigateur du masochisme, Marianne Faithfull était vouée à un destin hors du commun.
C'est à l'adolescence que ses passions pour l'art dramatique et la musique s'imposent à elle.
Elle rejoint le Progress Theater et découvre Buddy Holly, Chuck Berry et Miles Davis.
A 17 ans, elle rencontre John Dunbar, un étudiant de Cambridge.
Elle est immédiatement séduite par son côté bohème et existentialiste.
Désormais, il sera le Pygmalion et elle sera sa muse.
Mais une toute autre existence l'attend un soir de mars 1964.
Alors qu'elle accompagne son mari à une soirée de lancement, elle est aussitôt repérée par Andrew Oldham, manager de The Rolling Stones.
Il lui assure qu'elle est née pour chanter et lui propose d'enregistrer un disque.
Peu convaincu par son interprétation des morceaux qu'il a choisis, Oldham propose à Marianne Faithfull de chanter «As Tears Go By», une composition récente signée Jagger/Richard et destinée à une prochaine face B des Rolling Stones.Marianne au hit-parade«Blowin' in the Wind / The House of the Rising Sun», son deuxième single, est un échec: elle décide de quitter le navire d'Andrew pour confier sa carrière à son associé, Tony Calder.
Les résultats de cette nouvelle association ne se font pas attendre avec les 45 tours «Come and Stay With Me», son plus gros hit.
Au printemps 65, elle part en tournée avec The Kinks, Gerry and the Pacemakers et The Mannish Boys dont le chanteur est un certain David Jones, futur David Bowie.
Mais Marianne a beaucoup de mal à s'adapter à sa nouvelle vie.
Quand John Dunbar la demande en mariage, elle croit enfin venue l'occasion de mettre fin à cette existence dissolue.Marianne chez The Rolling StonesC'est à ce moment-là qu'elle commence à fréquenter Courtfield Road, la maison de Brian Jones et Anita Pallenberg.
A l'aube de la libération sexuelle, elle secoue l'Angleterre bien pensante et devient la maîtresse de Mick Jagger.
Elle délaisse peu à peu sa propre carrière.
Love In A Mist, son 6ème opus qui sort en février 1967, est le dernier avant une décennie.
Le 11 février 1967, Keith reçoit Mick, Marianne et quelques amis afin de prendre de l'acide dans sa propriété de Redlands.
Les forces de l'ordre mettent fin aux festivités et trouvent la jeune femme simplement vêtue d'une couverture au milieu d'une assemblée exclusivement masculine.
Il n'en faut pas plus pour choquer la morale .
Au printemps 68, elle tente l'aventure indienne avec The Beatles dans le temple du maharishi Mahesh Yogi.
Loin de se laisser abattre par les rumeurs qui courent à son sujet, elle obtient le rôle d'Irina dans Les Trois soeurs de Tchekhov et passe le plus clair de son temps à fumer de l'herbe ou prendre du LSD.
C'est dans ce contexte qu'elle compose «Sister Morphine» mais à peine lancé, le 45 tours est retiré des bacs à la demande de Decca qui estime le morceau immoral.
Partie en australie, tourner Ned Kelly avec Mick Jagger, Marianne n'est plus que l'ombre d'elle-même et avale une dose massive de tranquillisants à peine arrivée.
Elle passe six jours dans le coma.La déchéanceElle quitte Mick Jagger en 1970 et part vivre dans la rue, plus exactement sur un mur à Soho où subsistent des ruines de la seconde guerre mondiale: la descente aux enfers est amorcée.
Marianne le fantôme retourne hanter Chelsea dans un squat sans eau chaude ni électricité.
L'album Rich Kid Blues est enregistré entre deux tentatives de désintoxication, il est commercialisé, une vingtaine d'années plus tard, en 1985.Le retour en grâce«Dreamin' My Dreams», une ballade country signée Waylon Jennings, se hisse à la première place des hit-parades irlandais et l'occupe pendant sept semaines, suffisamment pour que la maison de disque décide de produire un album du même nom en 1977.
Avec «Lady Madelaine», elle écrit sa première chanson depuis «Sister Morphine».
Faithless, en mars 1978 relance sa carrière musicale.
Elle renoue avec la scène et s'entoure de nouveaux musiciens pour une tournée.
Tout semble à nouveau réussir à Marianne Faithfull qui épouse le chanteur du groupe The Vibrators, Ben Brierly.
Précédé par «The Ballad of Lucy Jordan» , l'album Broken English (10/1979), sort en plein tumulte post-punk.
L'urgence et la rage contenues dans l'album lui apportent enfin la reconnaissance de la critique.
Désormais dépendante avec son mari d'un mélange cocaïne et barbituriques elle perd de nouveau toute motivation.
Mais bientôt la maison de disques menace de cesser les paiements si un album n'est pas rapidement mis en boîte.
Loin du côté brut de Broken English, Dangerous Acquaintances (1981) est un album moins viscéral.
Marianne reste seule et noie ce nouvel échec dans le travail avec l'énergie du désespoir.
Cette quête effrénée de thérapie par la musique donne naissance à son album probablement le plus sombre: A Child's Adventure (1983, avec «Falling from Grace» et «Running for Our Lives»).
Elle frôle l'overdose en s'injectant sciemment une dose massive d'héroïne.
Le 18 novembre 1985, elle est admise dans une clinique très stricte de Minneapolis pour y être définitivement désintoxiquée.
Installée à Cambridge (Massachusets), elle met un nouvel album en chantier Strange Weather (1987) .
Entièrement composé de reprises, il n'en demeure pas moins autobiographique.
Et plus de 20 ans après, «As Tears Go By» avec Bill Frisell à la guitare, prend enfin toute sa dimension, le regard nostalgique d'une femme sur sa vie.Marianne l'icôneAu début des années 1990, Marianne est partout.
Dans les bacs avec le double studio et live Blazing Away (1990) et A Secret Life (1995).
En librairie avec la sortie de son autobiographie Une Vie (1994), rédigée avec le journaliste David Dalton.
Et enfin au théâtre dans la pièce The Black Rider de Tom Waits et William Burroughs, puis dansle rôle de Jenny la piratepour une nouvelle adaptation deL'Opéra de Quat' Sous.
Très à l'aise avec l'univers de Bertold Brecht et Kurt Weill, elle décide de poursuivre l'aventure en musique en reprenant certaines de leurs chansons dont le célèbre «Alabama Song» sur l'album 20th Century blues (1996).
De Daniel Lanois (Vagabond Ways, 1999) à Billy Corgan, Jarvis Cocker et Etienne Daho (Kissin' Time, 2002) en passant par PJ Harvey et Nick Cave (Before The Poison, 2005), elle sait choisir ses collaborateurs afin de se réinventer sans cesse tout en restant fidèle à son image.
Pour les besoins de l'album-hommage Mr.
Gainsbourg Revisited, accompagnée du tandem rythmique Sly & Robbie, Marianne reprend «Lola Rastaquouère».
En novembre 2008 paraît un nouvel album, Easy Come Easy Go.
Pour cette collection de chansons, reprises sur un mode intimiste, Marianne Faithfull s'est entourée de Nick Cave, Marc Ribot et Sean Lennon.
Le vieux complice Keith Richards vient également gratter quelques accords.
L'album suivant, Horses and High Heels, produit par Hal Willner et paru début 2011, comporte quatre de ses compositions (dont « Why Did We Have To Part », cosignée avec Laurent Voulzy), au milieu de reprises bien choisies de Lou Reed, Jackie Lomax, Mark Lanegan et Lesley Duncan.
L'éternel retour de la marraine, baronne et égérie du rock anglais est plus significatif avec la sortie en septembre 2014 de l'album Give My Love To London.
Sous cet intitulé ironique se dévoile une sélection de chansons produites par Rob Ellis et Dimitri Tikovoi, enregistrée avec une bonne partie de The Bad Seeds, le groupe de Nick Cave, qui signe un titre aux côtés d'autres plumes comme Roger Waters, Anna Calvi, Steve Earle, Tom McRae et Pat Leonard.

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