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Johnny Hallyday

Jean-Philippe Smet, dit Johnny Hallyday, est un chanteur, compositeur et acteur français né le 15 juin 1943 à Paris.Avec plus de cinquante ans de carrière, il est l'un des plus célèbres chanteurs francophones et l'une des personnalités les plus présentes dans le paysage médiatique français, où plus de 2 100 couvertures de magazines lui ont été consacrées.S'il n'est pas le premier à chanter du rock and roll en France, il est, en 1960, celui qui le premier, popularise cette musique dans l'« Hexagone ».
Après le rock, il lance le twist et le mashed potato, et s'il lui fut parfois reproché de céder aux modes musicales, il les a toutefois précédées plus souvent que suivies.
Les différents courants musicaux auxquels il s'est adonné, rock 'n' roll, rhythm and blues, soul, rock psychédélique, pop, puisent tous leurs origines dans le blues, et bien qu'interprète de nombreuses chansons dites de variété, de ballades, et parfois de country, le rock reste sa principale référence.Son apport à la scène française est important.
D'abord décrié puis reconnu, il impose sa marque et transforme le tour de chant traditionnel en un véritable spectacle.
En dehors des pays francophones, s'il ne parvint pas durablement, malgré plusieurs tournées à succès, notamment en Amérique du Sud, à s'imposer, en revanche sa réputation d'homme de scène franchit les frontières.
Au niveau international, Hallyday est considéré comme le seul rock’n’roller non anglophone connu par un large public.Sa longévité au premier plan, comme ses prestations vocales et scéniques, lui attirent la reconnaissance de ses pairs.
De l'Alhambra en 1960 à aujourd'hui, en 182 tournées et 27 rentrées parisiennes, il a attiré plus de 28 millions de spectateurs, enregistré plus de 1 000 titres, composé une centaine de chansons et vendu plus de 100 millions de disques.
Sa carrière est déjà récompensée par 40 disques d’or, 22 de platine, 3 de diamant et 9 Victoires de la musique, pour une discographie officielle qui compte 48 albums studio et 28 Albums live.EnfanceJean-Philippe.
naît le 15 juin 1943 à la cité Malesherbes dans le 9 arrondissement de Paris.
Il a huit mois, lorsque son père Léon Smet, (1908-1989), abandonne mère et enfant.Sa mère, Huguette Clerc, (1919-2007), reprend une activité professionnelle et il est recueilli par sa tante paternelle Hélène Mar, qui l'élève, aidée de ses filles Menen et Desta.À 3 ans commence pour lui la vie d'enfant de la balle.
Ses cousines sont des danseuses classiques et à partir de fin 1946, il vit à Londres durant deux ans.
Desta épouse Lee Lemoine Ketcham, un danseur américain connu sous le nom de scène de Lee Halliday.
Le trio, Desta, Menen et Lee, se produit à travers l'Europe jusqu'en 1949.
Il devient duo et Desta et Lee, se nomme alors « Les Halliday ».Père de cœur, Lee Halliday le surnomme Johnny.
Plus tard, au moment de choisir un nom de scène, c'est naturellement qu'il opte pour Johnny Halliday.
Il monte officiellement sur scène pour la première fois à Copenhague, où il chante La Ballade de Davy Crockett.
Il a 11 ans et occupe la scène pendant les changements de costume du couple, en chantant des chants traditionnels français ou américains.Inscrit à l'école des enfants du spectacle, Johnny suit des cours par correspondance, apprend la danse classique et le violon qu'il déteste et finit par échanger, au grand dam de ses aînés, contre une guitare.
Durant deux ans, où il vit à Genève, inscrit au conservatoire, il prend des cours de guitare avec le maître José de Azpiazu, avant que ce dernier, n'appréciant guère qu'il joue dans les rues des airs de cow-boy, ne le renvoie.Rentrée à Paris, la famille demeure dans le quartier de la Trinité.Johnny obtient divers petits rôles : il est figurant dans Les Diaboliques, tourne une réclame pour une marque de vêtements, participe à la télévision à Martin et Martine (émission enfantine de Jean-Loup Berger), où il chante Dans les plaines du Far-West.
À 14 ans, Johnny découvre au cinéma avec le film Amour frénétique, Elvis Presley et le rock'n'roll.
C'est une révélation et, persuadé d'avoir trouvé sa voie, il décide de devenir chanteur de rock'n'roll.DébutsSoutenu par ses proches, notamment par Lee Halliday qui le produit, convaincu que cette musique peut s'imposer en France, ce dernier fait envoyer d'Amérique par sa famille des disques de rock.
Ainsi Johnny fait son apprentissage de rockeur et devient possesseur d'une collection inédite de disques dont profitent de nombreux copains.
Eddy Mitchell se souvient : « Johnny avait beaucoup de disques américains qu'on ne pouvait pas acheter en Europe, ce qui me permettait d'écouter tout ce que je ne pouvais pas écouter autrement, si bien qu'on passait souvent des après-midi et des soirées à écouter Presley, Bill Haley et des tas d'autres trucs qui n'étaient pas encore disponibles chez nous ».À partir de 1958, Johnny fréquente ce qui bientôt devient le lieu culte du rock français : le Golf-Drouot, d'Henri Leproux.
C'est là qu'il retrouve d'autres copains, futurs confrères et concurrents : Long Chris, Dany Logan, Jacques Dutronc et Eddy Mitchell.
Sur le tremplin, s'inspirant de ses idoles, il chante des reprises et adaptations françaises du répertoire américain en s'accompagnant à la guitare.
À l'Orée du Bois, durant les changements de costumes de Desta et Lee, Johnny chante Elvis, sous les sifflets du public.
Dès le second soir, il est renvoyé.Accompagné par Philippe Duval, son premier guitariste, il cherche à se produire dans divers clubs mais partout le scénario est identique : on le refuse ou il est remercié.
Il obtient ses premiers succès publics en chantant pour les GIs dans les bases américaines.Le 30 décembre 1959, Johnny Halliday participe à l'émission radio Paris cocktail de Pierre Mendelssohn, avec en vedette Colette Renard.
Il chante Viens faire une partie et est remarqué par Jil et Jan, deux auteurs-compositeurs enthousiasmés par sa prestation, qui le présentent à Jacques Wolfsohn de la maison de disques Vogue.Les années Vogue (1960-1961)Le 16 janvier 1960, Johnny Halliday signe un contrat avec Vogue.
Son premier disque, le super 45 tours T'aimer follement – reprise d'un titre de Dalida – sort le 14 mars.
Sur la pochette son nom est par erreur orthographié avec deux y, orthographe qui sera définitivement adoptée.
L'accueil des radios est très défavorable voire franchement hostile.
Ainsi sur Europe n 1, Lucien Morisse (très intime à la ville avec Dalida), casse le disque en direct à l'antenne et déclare : « C'est la première et la dernière fois que vous entendez Johnny Hallyday ».
Face à cette quasi-unanimité contre lui, Daniel Filipacchi avec Salut les copains, est un solide soutien.En avril, le chanteur obtient son premier contrat professionnel de 500 nouveaux francs et se produit, les 16 et 17, au Cabaret l'Escale à Migennes, (Johnny Hallyday 1960 : À la Roche-Migennes).
Le lendemain, parrainé par Line Renaud, il fait sa première télé dans L'École des Vedettes d'Aimée Mortimer.
Elle le présente comme un chanteur d'origine américaine – plus tard, sur les conseils de Charles Aznavour, Johnny rétablira la vérité sur ce demi-mensonge.
Il chante Laisse les filles en jouant de la guitare tout en se roulant par terre, ce qui défraie la chronique mais aussi dope les ventes du disque qui, de trente mille exemplaires déjà vendus, passent en quelques jours à cent mille.Souvenirs, souvenirs, son nouvel EP offre au chanteur son premier succès, tandis que son impresario Georges Leroux lui décroche de nombreux galas.
Johnny est engagé en première partie de la tournée de Sacha Distel, avant de se produire durant l'été au casino de Juan-les-Pins.
Durant cette tournée, on assiste aux premiers mouvements de foule.
Ses prestations sont marquées par de nombreuses mini-émeutes, émaillées de multiples dégradations par ses admirateurs.
La presse, unanimement hostile, parle d'hystérie collective pour dépeindre l'ambiance de ses galas.En septembre, durant trois semaines, à l'Alhambra, il est programmé en vedette américaine de Raymond Devos.
Son jeu de scène divise une fois de plus le public.
Au balcon, si les plus jeunes sont enthousiastes et le lui font savoir avec véhémence, en revanche, au parterre, les aînés indignés le huent.
Le tollé est tel que la direction veut supprimer Johnny du programme.
Raymond Devos s'y oppose et Hallyday termine son engagement.
À l'automne, sort son premier 33 tours 25 cm Hello Johnny.Le 24 février 1961, dans une ambiance survoltée et explosive où bagarres et arrestations sont nombreuses, il chante au premier festival international de rock organisé au Palais des sports de Paris.
L'événement, qui lance véritablement le rock en France, est gravé sur le disque Johnny Hallyday et ses fans au festival de Rock'n'Roll.
Vraisemblablement il s'agit du premier album live de rock au monde, si ce n'est qu'il est enregistré en faux live et de facto devient le premier faux live de l'histoire internationale du rock.À cette époque, le marché du disque est dominé par les vinyles 25 cm et les Maxi 45 tours et la publication d'un 33 tours 30 cm témoigne de la notoriété d'un artiste et de sa reconnaissance.
C'est ainsi qu'Hallyday voit confirmé son récent statut de vedette, avec la sortie de son premier album Nous les gars, nous les filles.
Pour autant un profond désaccord oppose Vogue et le chanteur.
Désormais, Johnny n'est plus seul en France sur le marché du rock et la concurrence est rude, notamment celle du groupe Les Chaussettes noires.
Aussi demande-il davantage de musiciens et des arrangements plus sophistiqués, avec saxophones et claviers.
La réponse est « Tu fermes ta gueule et tu chantes », ce à quoi il réplique : « Je ne vois pas comment je peux chanter en fermant ma gueule » et part pour ne plus revenir.Johnny Hallyday a 18 ans, est professionnel depuis à peine plus d'un an, a enregistré 35 chansons et a déjà vendu un total de 1 673 000 disques, quand sur fond de procès avec Vogue, il signe chez Philips le 19 juillet 1961.
Johnny Stark devient son nouvel imprésario, tandis que Vogue sort un troisième et dernier 25 cm, Tête à tête avec Johnny Hallyday.L'idole (1961-1964)Alors que de nombreux incidents parsèment toujours ses apparitions et que plusieurs villes (Biarritz, Bayonne, Strasbourg, Cannes...) lui ferment leurs portes, Johnny enregistre, aux studios Fontana à Londres, son premier disque Philips Viens danser le twist qui sort le 20 septembre.
Le jour même, et jusqu'au 9 octobre, il est le premier artiste de sa génération à se produire en vedette à l'Olympia de Paris, où il lance le twist en France.Pour Noël, sort l'album Salut les copains, titre qui se veut un clin d'œil reconnaissant à la célèbre émission radio.
Retiens la nuit s'impose particulièrement et marque sa carrière.
Si elle n'est pas la première chanson douce du rockeur, écrite par Charles Aznavour et Georges Garvarentz elle fait date et lui vaut un regard des critiques plus clément.
Si son jeu de scène et les débordements que provoquent ses apparitions publiques sont toujours dénoncés, on souligne aussi à présent, ses qualités vocales et son talent d'interprète.
Désormais, il alternera chansons rythmées et chansons sentimentales, suivant en cela le conseil de Charles Aznavour, chanteur lui aussi contesté à ses débuts (25 cm Retiens la nuit).Au printemps 1962, il enregistre à Nashville, l'album Sings America's Rockin' Hits, chanté entièrement en anglais.
Jamais encore un tel disque n'a été réalisé à l'attention du public français, alors peu enclin aux chansons en langues étrangères et s'il ne bouleverse pas les ventes, l'opus obtient un réel succès d'estime et est distribué dans de nombreux pays (Japon, Royaume-Uni, États-Unis...).
En avril, Johnny reçoit son premier disque d'or pour Let's Twist Again, avant de retourner aux États-Unis pour une tournée de promotion, où il participe à plusieurs émissions dont le Ed Sullivan Show.Les succès s'enchaînent : Laissez-nous twister, Pas cette chanson (extraits de Madison Twist) Elle est terrible (extrait de l'album Les Bras en croix) et surtout L'idole des jeunes (extrait du 25 cm éponyme).
Désormais, l'appellation lui colle à la peau et c'est nanti de ce nouveau titre, qu'il investit l'Olympia du 25 octobre au 12 novembre.
Sur le titre La bagarre, (adaptation de Trouble d'Elvis), il se met en scène dans une rixe avec des voyous et sur I Got a Woman, à genoux devant sa guitare, il mime la scène finale de La Fureur de vivre.
Ce second Olympia est un nouveau succès public et les critiques soulignent d'évidentes qualités scéniques.
(Johnny à l'Olympia)Début 1963, il chante au Palladium de Londres, puis s'envole pour le Liban pour une série de galas.
Arrivé à Beyrouth, on lui annonce que sa venue crée des troubles politiques et que les représentations sont annulées.
Indésirable, il rentre en France, où l'incident fait débat à l'Assemblée nationale.Pour le premier anniversaire du magazine Salut les copains, Europe n 1 organise, le 22 juin, un concert gratuit place de la Nation, réunissant plusieurs jeunes artistes, dont Johnny Hallyday.
Alors que quelques milliers de personnes sont annoncées par une presse railleuse qui prédit un fiasco, l'événement en rassemble près de deux cent mille.
Le retentissement est considérable.
La presse relève les dégradations, les interpellations de « blousons noirs » par la police, mais constate aussi la montée irrésistible de la jeunesse vers sa propre libération.
Le Monde publie un long article du sociologue Edgar Morin, intitulé « Le temps des Yéyés ».
Pour la première fois le mot est lancé et s'impose de facto pour qualifier cette génération et ses idoles en raisons des nombreuses onomatopées qui parsèment leurs chansons.À ce propos, avec Da dou ron ron, Johnny obtient un nouveau succès, qui de toute sa carrière, est celui qui reste le plus longtemps classé n 1 dans les Hit-parade (25 cm Da dou ron ron).La tournée d'été toujours mouvementée crée une nouvelle polémique après son passage à Trouville, où en ce 14 juillet il interprète La Marseillaise ; ce qui lui vaut les foudres des anciens combattants qui l'accusent de l'avoir chantée en rock.
L'initiative fait scandale et l'incident est commenté au journal télévisé du soir.Le chanteur est en vedette dans le film D'où viens-tu Johnny ?.
Pour moi la vie va commencer et Ma guitare, extraits de la BOF éponyme, sont, à l'automne deux énormes succès.Début 1964, sort le 25 cm Les guitares jouent enregistré avec son nouveau groupe Joey and the Showmen, où pour la 1 fois avec Quand je l'ai vue devant moi il chante les Beatles et donne dans le country blues avec Excuse-moi partenaire.Le succès, tant public que critique, est au rendez-vous de son 3 Olympia, où il se produit du 6 février au 15 mars.
(Johnny Hallyday Olympia 64) Il donne encore quelques galas en province, à l'issue desquels il clôt provisoirement sa carrière, pour être incorporé, le 8 mai, au 43e régiment d'infanterie de marine d'Offenbourg (le chanteur a bénéficié d'un report d'une année afin de pouvoir honorer tous ses engagements).Enregistré avant son incorporation, Johnny, reviens ! Les Rocks les plus terribles, sort début juillet.
Entièrement rock'n'roll, l'album propose des adaptations de standards américains.L'armée profite du passage dans ses rangs pour dix-huit mois de la célèbre recrue, pour tourner des petits films de propagande bon enfant, à l'attention de la jeunesse, ainsi que quelques émissions de variétés réalisées en direct de la caserne, et à la condition qu'il pose en tenue militaire sur les pochettes de disques, il obtient l'autorisation de poursuivre ses enregistrements.
C'est durant cette période qu'il grave l'un des ses plus grands succès, Le Pénitencier, extrait du 25 cm éponyme.Période difficile, errances musicales et reconquête (1965-1969)Johnny Hallyday et Sylvie Vartan se marient le 12 avril 1965, à Loconville, envahie pour l'occasion par le public et la presse.L'album Hallelujah sort le 9 juillet.
S'il est toujours militaire, c'en est fini des poses en tenue règlementaire et sur la pochette Hallyday apparaît guitare à la main, vêtu d'un blouson et d'un blue-jeans.
Libéré le 20 août, le chanteur reprend aussitôt ses activités et le 28, il est sur la scène du casino de Juan-les-Pins.
En novembre sort un second album Johnny chante Hallyday qu'il a entièrement composé et qui marque le début d'une longue collaboration artistique avec son ami Long Chris.Le chanteur se produit à partir du 18 octobre à l'Olympia, durant plus d'un mois.
Musicalement Hallyday évolue vers le rhythm and blues, son tour de chant est entièrement renouvelé et les anciennes chansons sont expédiées en un medley qui ouvre le récital.
Le public quelque peu dérouté, ne retrouve pas le copain Teenager et son retour laisse une impression mitigée.En ce début d'année 1966, plus rien ne semble aller pour lui : ses ventes de disques connaissent une forte baisse et multipliant les galas, il ne joue pas toujours à guichet fermé.
En cette période difficile, Hallyday se produit dans plusieurs pays étrangers, notamment en Europe de l'Est.Arrive alors un nouveau chanteur nommé Antoine qui connait un succès fulgurant avec le titre Les élucubrations d'Antoine, où au détour d'un couplet, il propose d'enfermer « Johnny Hallyday en cage à Médrano ».
Peu après, Hallyday réplique avec le titre Cheveux longs et idées courtes qui connait un succès égal.Johnny, en août, enregistre un nouvel album à Londres.
Il y fait la connaissance de Noel Redding et Jimi Hendrix, qu'il contribue à faire connaître en les engageant dans sa tournée.
Une plaque commémorative au Novelty de la rue Chartraine à Évreux, évoque le premier concert de la toute première tournée d'Hendrix le 13 octobre 1966, en première partie de Johnny Hallyday.Si professionnellement cela va mieux, il n'en est pas de même côté vie privée.
Alors que son fils, David naît le 14 août, lui chante à Milan.
Le lendemain, pour quelques heures il est au chevet de Sylvie, puis s'envole pour Venise, où il se produit le soir même.
La presse se fait l'écho d'une séparation imminente.
Le 10 septembre, Johnny doit chanter à la fête de l'Humanité ; épuisé par le rythme des galas et profondément déprimé, à quelques heures de la représentation, il fait une tentative de suicide et est hospitalisé d'urgence C'est dans ce contexte, que Philips sort le titre Noir c'est noir, qui devient un énorme tube (le plus important depuis Le Pénitencier).Après quelques semaines de convalescence, à l'occasion d'un Musicorama Johnny chante à l'Olympia le 18 novembre, accompagné par une nouvelle formation, les Blackburd que dirige le guitariste Mick Jones et le batteur Tommy Brown.
C'est un Johnny nouveau qui apparaît, son récital, sur des sonorités pop et rhythm and blues, est totalement inédit, son jeu de scène est renouvelé, son chant aussi.
Désormais Hallyday « donne de la voix » et à force de débauches d'énergies, il emporte l'adhésion.
Cette représentation à l'Olympia relance totalement sa carrière.Le lendemain, l'album La Génération perdue est commercialisé.
Ce disque, qui regorge de hits et de titres pour la scène demeure l'un des plus importants de sa production.
L'année s'achève sur un autre grand succès Si j'étais un charpentier.Enregistrée à Londres en décembre, avec la participation de Jimi Hendrix, l'adaptation de Hey Joe est un nouveau tube pour Hallyday au printemps 1967.La séparation entre Sylvie et Johnny n'est plus d'actualité et le couple se produit à l'Olympia du 15 mars au 16 avril.
Johnny assure la seconde partie et débute son tour de chant avec Les coups, qu'il entame depuis les coulisses, le son allant crescendo à mesure qu'il avance vers la scène.
Côté orchestration, priorité est donnée aux cuivres sur des tonalités très Soul music.
Pour le final, Sylvie et Johnny reprennent en duo Je crois qu'il me rend fou.
(Olympia 67) Fort de ce succès, le couple entame une tournée sud américaine de plusieurs semaines.'Amour d'été, adapté d'un classique d'Elvis Presley et Aussi dur que du bois sont les titres forts du nouvel album Johnny 67, qui confirme son orientation vers la Soul music.À l'automne, avec San Francisco et Fleur d'amour et d'amitié imposées par sa maison de disques, le rockeur cède à la mode hippie, alors que Mon fils et Psychedelic - titre sur lequel joue le guitariste Jimmy Page - complètent ce nouvel EP.Europe n 1 lui consacre, le 14 novembre, un Musicorama exceptionnel organisé au Palais des sports de Paris.
450 projecteurs et 800 phares de voitures dressés tel un mur au fond de la scène servent de décors.
Pour la première fois, il utilise des écrans sur lesquels sont projetés une multitude d'images disparates.
Le récital très contrasté alterne séquences peace and love et rock psychédéliques et violents.
Johnny quitte la scène après un Lucille déchaîné, et s'effondre au bord de la syncope dans la voiture qui l'emporte.
La presse française et internationale commente largement la prestation d'Hallyday qui acquiert ses galons de bête de scène.
(Johnny au Palais des sports).À ce moment de sa carrière, un constat s'impose.
Depuis deux ans, Johnny Hallyday est de toutes les influences musicales de l'époque : rhythm and blues, musique pop, musique soul, rock psychédélique et il n'a plus enregistré de rock 'n' roll depuis Rock'n'Roll musique, (album Hallelujah), et (bien qu'il ait repris à la scène le classique de Little Richard Lucille), il faut attendre l'album Rêve et amour et la chanson Cours plus vite Charlie pour qu'il y revienne furtivement.En 1968, Johnny confirme ses errances musicales tous azimuts, avec plusieurs Maxi 45 tours, qui précèdent la sortie, en juin, de son 9 album studio Jeune Homme, avec lequel il poursuit sa période psychédélique qu'il parachève avec l'emblématique album Rêve et amour qui paraît en octobre.
La pochette du disque, mi-photo mi-dessin, est fortement influencée par celle de Sgt.
Pepper's Lonely Hearts Club Band des Beatles.
Johnny y apparaît vêtu d'une tunique couverte de médaillons aux effigies de nombreuses personnalités de la chanson, du cinéma, de la politique...
Les titres Entre mes mains, Fumée et Cours plus vite Charlie, s'imposent au public.
Ce dernier est l'unique reprise d'un disque qui initialement devait être enregistré en anglais.En concert à Johannesburg, ébloui par un projecteur, Johnny chute dans la fosse d'orchestre et se fracture un pied.
Il termine malgré tout la représentation et c'est dans le plâtre, qu'il honore chacun de ses engagements en Afrique du Sud.
Contre l'avis des médecins, il fait de même en France, jusqu'à ce que victime d'un malaise, il s'effondre sur la scène du Palais d'hiver de Lyon.
Cet incident l'oblige à plusieurs semaines de repos forcé, durant lesquelles il travaille avec Mick Jones et Tommy Brown à la formation d'un nouveau groupe.
En février 69, l'artiste remarque au Golf-Drouot le guitariste Jean-Pierre Azoulay, qui très vite intègre la formation et va fortement marquer le « son Hallyday » au cours des années à venir.Johnny Hallyday reprend la scène, d'abord au Canada, puis en France, où il rode son nouveau tour de chant, avant de se produire au Palais des sports de Paris du 26 avril au 4 mai.
L'artiste évolue sur plusieurs scènes, reliées à la principale.
Sur l'une d'elles, il interprète Caché derrière mes poings en tenue de boxeur sur un ring, au milieu duquel, il effectue entre deux couplets un ballet dédié au « noble art », chorégraphié par l'américain Lester Wilson, adversaire de Johnny.
Que je t'aime alors inédite fait grosse impression et compte parmi les moments forts du tour de chant.
100 000 spectateurs assistent à ce qui est véritablement son premier « grand » spectacle qualifié par le magazine Rock & Folk de « show de l'an 2000 »..
(un live nommé Que je t'aime sort en novembre).Communément appelé Rivière… ouvre ton lit, un nouvel album très blues rock, pour lequel il s'est entouré de nombreux musiciens anglais, notamment Peter Frampton et Steve Marriott, sort en mai.
Si le disque offre au chanteur nombre de chansons pour la scène, seul Je suis né dans la rue accède au rang de tube et devient un classique de son répertoire.La chanson Que je t'aime diffusée en 45 tours en juin, obtient un grand succès et demeure l'une des plus célèbres de son interprète.
Sa tournée d'été bat des records d'affluence et Que je t'aime déclenche d'authentiques scènes d'hystérie et nombre d'évanouissements.
Le show achevé, Hallyday est très souvent évacué en car de police pour échapper à l'enthousiasme des fans.Rocks violents et chants contestataires : l'effet Labro (1970-1971)En ce début de décennie, Johnny Hallyday s'oriente vers un rock plus dur, plus violent, plus engagé.
Sa collaboration avec le journaliste, écrivain et cinéaste Philippe Labro détermine ces changements et marque grandement sa carrière.
Amis, ils partagent une passion commune pour l'Amérique et les textes écrits par Labro donnent aux chansons d'Hallyday plus de profondeur, révélant le chanteur sous un nouvel aspect.La première chanson Labro-Hallyday à être diffusée leur attire bien des problèmes.
Alors que la face B du 45 tours On me recherche - qui pourtant raconte le périple d'un truand et ose quelques insolences envers la police - passe quasiment inaperçue, il n'en est pas de même pour le titre Jésus Christ, sur lequel Johnny chante que « si le christ vivait encore aujourd'hui, il serait un hippie », ce qui déclenche polémiques et scandales.
La chanson reçoit les foudres de l'église et le Vatican menace de les excommunier.
Interdit d'antenne, le disque est retiré des rayons dans plusieurs magasins.
Cette censure dope les ventes, mais la polémique ne retombe pas et durant sa tournée d'été, Hallyday supprime le titre du tour de chant.Un nouvel album nommé Vie sort en novembre.
Le disque diffère des productions précédentes du chanteur ; plus engagé plus contestataire, l'opus évoque des problèmes contemporains comme l'écologie ; sur C'est écrit sur les murs, il chante la fracture d'une génération - celle de 1968, sur laquelle il est pourtant resté très discret en son printemps - avec ses aînés.
Poème sur la 7, dit sur le Second mouvement de la Symphonie n 7 de Beethoven, parle du monde après une catastrophe nucléaire.
Essentiellement écrit par Philippe Labro et l'écrivain Jacques Lanzmann, (parolier attitré de Jacques Dutronc), Vie est l'une des plus fortes ventes de cette fin d'année.L'année est également marquée par le cinéma, où pour la première fois le chanteur trouve deux véritables rôles : il incarne un justicier dans Le Spécialiste, western spaghetti de Sergio Corbucci et un voyou repenti dans Point de chute, drame policier de Robert Hossein.Début 1971, l'affiche d'une tournée aux Antilles et au Canada fait scandale : Hallyday y apparaît crucifié sur une guitare.
À Pointe-à-Pitre, le show se transforme en émeutes et durant les étapes canadiennes les incidents sont également nombreux.Le succès de la chanson Oh ! Ma jolie Sarah est fulgurant et s'inscrit parmi les plus gros succès de la décennie.
Elle précède la sortie en juin de Flagrant délit, un album exclusivement rock entièrement écrit par Philippe Labro.
Johnny Hallyday a longtemps dit de Flagrant délit qu'il est le préféré de tous ses albums (et cela jusqu'à ce que Rock'n'Roll Attitude ne lui ravisse la première place dans son palmarès personnel).L'artiste chante au Palais des sports de Paris du 21 septembre au 14 octobre.
Jamais encore, il ne s'est produit dans la capitale sur une aussi longue période.
Le son volontairement poussé dans le rouge confirme une orientation musicale ou la violence va Crescendo.
En fin de spectacle, le chanteur interprète un Medley Rock'n'Roll en anglais, sur lequel, chaque soir l'accompagne au piano Michel Polnareff.
Au cours de la dernière représentation, Johnny multiplie les standards américains et reste en scène plus de trois heures et demie.
(Live at the Palais des sports).Ballades, Country et Rock and Roll (1972-1975)1972 marque l'arrivée de l'auteur-compositeur-interprète Michel Mallory qui, après Philippe Labro, va fortement influencer la carrière de Johnny Hallyday.
Parolier attitré du chanteur durant près de dix ans, il écrit ou adapte une centaine de chansons, au fil desquelles se révèle un Johnny plus intime.
Son chant devient moins agressif, sa musique moins dure et, délaissant les rocks violents, il s'oriente vers un rock plus mélodieux mais non moins fougueux.Au cinéma, sous la direction de Claude Lelouch, Johnny organise son propre enlèvement dans L'aventure c'est l'aventure, film dont il interprète la chanson titre.J'ai tout donné de François Reichenbach, film consacré au phénomène Hallyday, est présenté en ouverture du festival de Cannes.Sorti en juin, l'album Country, Folk, Rock est l'une des premières incursions d'Hallyday dans la country.
Genre à l'époque peu prisé en France, le disque connaît un succès d'estime.Pour sa tournée d'été, il s'essaye à un nouveau spectacle, mêlant numéros de cirque et tour de chant.
Joué sous un immense chapiteau emprunté au cirque Bouglione, ce concept nommé Johnny Circus est un relatif échec et un gouffre financier pour Hallyday, ce qui l'empêche, durant quatre années, de produire de nouveaux shows sur une scène parisienne.
Un nouveau 45 tours Avant, conclut une année en demie teinte pour le chanteur.Début 1973, la chanson La Musique que j'aime s'impose au public et devient l'un de ses grands classiques.
Elle ouvre l'album Insolitudes, où blues, rocks et ballades font la part belle aux guitares.
Le disque compte parmi les meilleures réussites du tandem Mallory-Hallyday.À la demande de Bruno Coquatrix, alors en proie à d'importants problèmes financiers, Johnny donne gracieusement plusieurs représentations à l'Olympia, en juin.Sur les ondes, en duo avec Sylvie Vartan, la chanson J'ai un problème est un hit et l'un des grands succès de l'année.
(album J'ai un problème).
Durant l'été, le couple se produit à de nombreuses reprises ensemble sur scène.En 1974, Je t'aime, je t'aime, je t'aime, un nouvel album aux accents très variétés, offre à Johnny l'occasion de chanter avec emphase et lui révèle la recette de succès à venir tels que Requiem pour un fou ou Derrière l'amour.
Michel Mallory est l'unique auteur d'un opus qui voit Mick Jones jouer une dernière fois pour Hallyday.Le 28 juin, il chante au pénitencier de Bochuz en Suisse.
Malgré plusieurs tentatives, le chanteur n'a jamais réussi à obtenir les autorisations nécessaires pour concrétiser un tel projet en France.
Sa prestation est enregistrée et diffusée à la télévision suisse romande le 23 juillet, durant l'émission Pour vous Messieurs X : Johnny Hallyday et Raymond Devos à Bochuz.
Lors de l'entretien avec les prisonniers, Johnny déclare : « J'ai été sauvé par mon métier, peut-être que je serais ici aujourd'hui si je n'avais pas eu cette chance ».
Lorsqu'il quitte le pénitencier, les détenus le saluent en frappant avec leurs gobelets aux barreaux de leurs cellules.
Sa tournée croise celle de Michel Sardou, les 3 et 29 août, et les deux amis se produisent ensemble à Béziers et Genève.Comme durant la totalité des années 1960-1970, Johnny Hallyday enchaîne les tournées et donne quelque deux cents galas par an.
Sur scène, il déploie tant d'énergie qu'il en sort souvent au bord du ko.
Cet engagement sans retenue, doublé par une existence de noctambule qui l'entraîne dans bien des excès, n'est pas sans quelques « clashs », comme ce soir d'été, où il s'effondre d'épuisement sur scène à Alençon.Lors d'un entretien télévisé, Johnny Hallyday déclare : « Je suis un chanteur de rock revu et corrigé par la variété ».
À peine a-t-il dit cela que, se faisant mentir, il enregistre coup sur coup trois albums de Rock and roll :Rock'n'Slow est le premier volume de ce qu'il nomme sa « trilogie retour aux sources ».
Hallyday mêlant créations originales et « classiques » chante Berry, Cochran, Presley, mais aussi les Stones.
La sortie de l'album précède une tournée de promotion, qu'il débute par Souvenirs, souvenirs, marquant un peu plus encore ce retour aux origines.Début 1975, le chanteur est en studio à Memphis et Nashville.
Sur Rock à Memphis, il grave treize standards des « fifties », adaptés par Michel Mallory et Long Chris.
mais ils échouent à donner des paroles françaises à Tutti frutti, finalement enregistrée en VO dans une version musclée.
Musiciens et techniciens sont tous Américains, sauf Jean-Pierre Azoulay - reconnaissant en lui un véritable virtuose de la guitare ces derniers l'applaudissent durant les sessions d'enregistrement.
Jerry Lee Lewis, (rencontré la veille dans un club)", joue gracieusement du piano sur 'Qu'est-ce que tu fais à l'école, chanson adaptée d'un de ses classiques.
L'album, publié en mai, est favorablement accueilli par la critique et le public.
Dans la foulée, l'album La Terre promise est enregistré à Nashville.
Le disque, aux sonorités très country, sort en septembre.Sur les ondes, dès avril, les titres La fille de l'été dernier et Hey lovely lady, pressés sur un même 45 tours, marchent bien et sont même des « hits.À la suite d'ennuis avec le fisc - qui lui réclame plusieurs centaines de millions de francs d'arriérés - Johnny fait part de son désir de tout arrêter, et s'installe aux États-Unis avec Sylvie et David.
Mais L'envie de chanter et le démon de la scène reprennent vite le dessus et, à l'automne, il enregistre deux albums et annonce sa rentrée au Palais des sports de Paris en septembre 1976.One-man-show, rocks et variétés (1976-1981)Ce retour est marqué par de nombreux changements artistiques.
Jacques Revaux, (avec lequel Johnny a travaillé occasionnellement il y a une dizaine d'années), assure désormais la réalisation des albums et les chansons dites de variétés se font plus nombreuses.
Cela s'accompagne par une augmentation de sa popularité et les succès présents renouent avec ceux de ses premières années.Sortie en février 1976, Requiem pour un fou se classe au sommet des hit-parade en deux jours et est très vite disque d'or.
Johnny obtient un second hit avec la chanson Derrière l'amour annonciatrice de l'album éponyme.
Le disque, qui alterne rock et variété, obtient un grand succès et devient la meilleure vente de la décennie de l'artiste.
La chanson Gabrielle à l'automne, devient un nouveau n 1 et est l'unique titre rock du chanteur à accéder en cette période au rang de tube.
En mai, en Italie, sort son second album enregistré dans une langue étrangère, In Italiano.Il se produit au Palais des sports de Paris, du 28 septembre, au 30 octobre.
À la scène aussi les changements sont notoires et, si le tour de chant conserve la fougue dont est coutumier le chanteur, il est aussi nettement moins agressif que les précédents.
La mise en scène plus soignée gagne en standing ce qu'elle perd en violence.
Ce one-man-show consacre sa première partie aux succès des années soixante, tandis que la seconde fait la part belle aux titres actuels.
Le spectacle attire deux cent mille personnes et Johnny établit un nouveau record du plus grand nombre de spectateurs pour un spectacle musical.
Désormais, les effets spéciaux et les innovations techniques agrémenteront ses prestations à venir, dans un gigantisme et avec des moyens mis en œuvre exceptionnels pour un chanteur français.
(Johnny Hallyday Story - Palais des sports)Hamlet, premier double album studio du chanteur et l'un des tout premiers opéra-rock en France, paraît en novembre.
Gilles Thibaut signe le livret de l'adaptation en vers de la pièce de William Shakespeare, sur une musique, composée par Pierre Groscolas, fortement influencée par le rock progressif.
L'album, sorti sans aucune promotion, ne trouve pas son public et est un échec commercial.
L'actualité du moment, c'est le show Johnny Hallyday Story, avec lequel le chanteur tourne en province durant plusieurs mois, aussi l'idée un temps envisagée de monter Hamlet sur scène dans une mise en scène de Robert Hossein est très vite abandonnée.En cette période, les disques d'or se succèdent.
La réussite de derrière l'amour fait des émules et les albums à venir s'inspirent grandement du même concept.
Bien qu'Hallyday ne délaisse nullement le rock, ses productions du moment sont estampillées variétés et, si jusqu'alors il s'est souvent entouré de pointures parmi les musiciens pour ses enregistrements, le chanteur se contente désormais d'orchestres sans autre forme de distinction.En octobre 1977, sort l'album C'est la vie.
Le titre phare J'ai oublié de vivre est l'unique tube d'un disque qui pourtant obtient les faveurs du public.Jacques Revaux cède la place à Eddie Vartan en 1978 et la chanson Elle m'oublie, extraite du dernier disque Solitudes à deux, (qui marque le retour de Michel Mallory, peu présent sur les précédents), est encore un énorme hit, (comptant parmi les plus importants de la décennie et permet au chanteur d'obtenir le grand prix du Midem à Cannes).Cette année-là, Antoine, chante sur les ondes Les élucubrations revisited et déclare : « Il est passé là dessus près de quinze ans et Johnny Hallyday est aussi beau qu'avant, mais pour l'enfermer c'est pas une cage qu'il lui faudrait mais tout un zoo »...
Cette fois ci, le chanteur nullement intéressé, ne daigne pas répondre.Hollywood, enregistré à Los Angeles, sort en janvier 1979.
L'album contient de nombreuses adaptations et emprunte de multiples couleurs musicales : Hallyday chante Bob Seger, Robert Palmer et, plus étonnant, Jimmy Cliff.
Le bon temps du Rock'n'Roll est l'unique tube et single d'un album qui rompt avec les précédentes productions.Retransmis en direct sur TF1, à l'occasion des festivités de bicentenaire de la marine, le 29 septembre, il chante sur le Foch, devant un parterre de marins.Johnny présente son nouveau spectacle L'ange aux yeux de lasers, au pavillon de Paris du 18 octobre au 26 novembre.
Pour ce show conçu sur un thème de science-fiction, le chanteur interprète nombre d'inédits, notamment Ma gueule.
Pour son entrée en scène, Hallyday porte des lunettes spécialement adaptées pour lancer des rayon lasers en direction du public.
C'est encore sous des lasers qu'il termine foudroyé, cette première partie après avoir chanté un vibrant plaidoyer contre la peine de mort Sauvez moi.
La seconde partie est d'une facture plus classique, Hallyday interprète de nombreux succès et achève son récital par une longue séquence Rock'n'roll sur laquelle l'accompagne au piano Gilbert Montagné.
Au cours de la dernière représentation, le fils du chanteur, (alors âgé de 13 ans, pour ce qui est sa première apparition publique), joue de la batterie sur Rien que huit jours.
Joué à guichets fermés durant six semaines, le show attire 250 000 spectateurs et le double album Pavillon de Paris : Porte de Pantin bat des records de vente pour un disque live.Diffusé en juin 1980, l'album À partir de maintenant essentiellement composé de ballades, ne contient aucun tube et n'est jamais parvenu à s'imposer comme marquant dans la discographie du chanteur.
Il se distingue par la reprise de La Poupée qui fait non de Michel Polnareff et par la création de Je ne suis pas un héros écrite par Daniel Balavoine pour Johnny Hallyday.Ce même mois, Sylvie et Johnny chantent à la fête de la Liberté devant plus de 200 000 spectateurs.
Ils sont encore ensemble sur scène le 13 août aux Arènes de Béziers.
Le public ignore alors qu'il assiste à ce qui est la dernière représentation du couple, officiellement séparés le 5 novembre.Début 1981, sort l'album En pièces détachées qui marque un net retour au rock dur et violent.
Avec le titre Guerre, Hallyday s'offre une incursion dans l'univers du hard rock.
Le titre Lady Divine, qui se veut une mise en garde sur la consommation de substances illicites et dangereuses devait à l'origine s'appeler Lady cocaïne, mais la maison de disques s'y oppose et impose au chanteur d'arrondir quelque peu les angles.En février et mars, accompagné par une nouvelle formation, le Night Rider Band, (anciens musiciens d'Elton John, il est en tournée de promotion à travers la France et la Belgique.
Son tour de chant, entrecoupé de rares ballades, est essentiellement rock et sur scène Lady Divine interprétée sans censure, redevient Lady Cocaïne.
La tournée s'achève sous chapiteau à Paris, porte de Pantin.
Durant l'été, le show est diffusé sur Antenne 2, dans son intégralité, à l'exception de Lady divine indésirable à la télévision.
(Live).Enregistré à Londres, Pas facile sort en septembre.
Album d'introspection, il révèle les désillusions empruntes de nostalgie du chanteur.
Sur J'en ai marre, chanson à l'humour caustique, Hallyday invective la presse qui il y a peu l'a donné pour mort et généralement invente sa vie.
Cet album marque la fin de la collaboration avec Michel Mallory, après neuf années d'une fructueuse complicité qui à présent marque le pas.Période difficile (II) et retour aux sources (1982-1985)Depuis Ma gueule, le chanteur ne connaît plus de grand « tube » et malgré un répertoire grandement renouvelé ces dernières années, il manque de titres marquants.
Pour autant cette période, où Johnny Hallyday collabore essentiellement avec Pierre Billon est fructueuse en créations.
Au cours de ces quatre années, il enregistre huit albums studio, (dont un en espagnol Black es noir et Version 82 où il réenregistre la totalité des chansons de la période Vogue).Sortie début 1982, l'album Quelque part un aigle, faisant fi des contraintes commerciales, s'essaye à d'autres thèmes, explore d'autres pistes musicales et déroute quelque peu le public.Il s'accompagne en février-mars, d'une tournée avec un nouveau groupe, Énergy, ou cours de laquelle, Le 19 février, le chanteur donne deux représentations pour les détenus à la Maison d'arrêt de Fleury-Mérogis.À la ville, en ce printemps, Nathalie Baye et Johnny Hallyday deviennent un couple, duquel nait, en novembre 1983, Laura Smet.Commercialisé quelques jours avant la première, l'album La peur, n'existe que par et pour le show Fantamshallyday que Johnny donne au Palais des sports de Paris à l'automne.En 1983, Entre violence et violon est l'album du renouveau artistique, avec lui s'amorcent les changements à venir, qui trouvent leurs apogées avec les albums Rock'n'Roll Attitude et Gang.Avant cela, on vient se régénérer à la source, Nashville, où l'on enregistre trois albums : Entre violence et violon, En V.O.
et Drôle de métier, (plus un Spécial Enfants du Rock, issu de l'émission Go, Johnny, Go diffusé sur Antenne 2 le 10 mars 1984).Entre violence et violon et Drôle de métier s'inscrivent parmi les meilleures réussites Rock de l'artiste et lui fournissent nombre de titres taillés sur mesure pour la scène, à l'instar de la chanson Mon p'tit Loup (ça va faire mal) qui est un succès.
Si l'accueil de ces disques est mitigé, la popularité du chanteur n'en demeure pas moins intacte et à la scène il mobilise toujours autant les foules.
Durant cette période avec peu ou pas de "hits", Johnny Hallyday monte deux de ses plus grands spectacles :Fantasmhallyday est présenté du 14 septembre au 11 novembre 82, au Palais des sports de Paris.
Ce show, le troisième et dernier à thèmes de l'artiste, est considéré comme l'un des plus grands jamais monté en Europe.
Johnny incarne « le Survivant » dans un monde après l'apocalypse, où il affronte mutants et zombies.
Jean-Claude Camus en association avec Gilbert Coullier, est pour la première fois producteur de Johnny Hallyday.
En première partie, le chanteur repousse les codes du tour de chant traditionnel en proposant un répertoire de huit titres inédits sur les dix interprétés, n'hésitant pas à interrompre la partie musicale à deux reprises durant plusieurs minutes : Une vidéo projetée sur un écran géant est pour la toute première fois utilisée dans un spectacle musical comme vecteur à la narration.
Plus tard, s'enchaînent sur la scène une succession de cascades et de combats...
En seconde partie, il propose un récital plus familier, reprenant d'anciens succès.
Durant deux mois, Johnny donne cinquante-quatre représentations pour deux cent cinquante mille spectateurs.
(Palais des sports 82).Durant une représentation, au cours d'une cascade, il se blesse à une hanche...
Il n'en continue pas moins la scène et, après la capitale, entame en province une longue tournée.
Le chanteur, Après encore quelques représentations durant l'été, est hospitalisé à l'hôpital Cochin, le 26 juillet 1983, où opéré de la hanche, une prothèse est posée.En 1984, à partir du 25 octobre et jusqu'au 2 février 1985, Johnny Hallyday s'installe pour trois mois au Zénith de Paris, (une durée de programmation jamais vue en Europe).
Le chanteur apparaît dans un poing géant et articulé venu du fond de la scène pour s'ouvrir au-dessus du public.
Hallyday interprète plusieurs inédits durant ce tour de chant aux accents très rock, mais où ballades et émotions sont néanmoins présentes, notamment avec la reprise de Ne me quitte pas de Jacques Brel.
Johnny achève la première session de son Zénith le 23 décembre et les représentations reprennent le 4 janvier.Le mardi 8, à quelques minutes de la fin du show, Hallyday s'écroule sur scène, victime d'une syncope.
Hospitalisé jusqu'au 12, il est contraint d'annuler toutes ses dates jusqu'au 29 janvier.
Le lendemain, Johnny Hallyday remonte sur scène pour les trois dernières représentations.
Ce spectacle reste, à ce jour, la plus grosse production et la plus « grosse machinerie » jamais mise en œuvre par l'artiste.
(Johnny Hallyday au Zénith)La période Hallyday-Billon s'achève ici, malgré et peut-être grâce à une absence de « tube », elle est musicalement l'une des plus novatrices du chanteur.
Elle n'est pas sans rappeler la période Mick Jones-Tommy Brown, tout autant déroutante pour le public, qui marque la seconde moitié des années soixante, où le chanteur tout en se cherchant un « second souffle » a livré quelques-uns de ses albums les plus emblématiques.
Pierre Billon est la « clé de voûte » de cette volonté de renouvellement chez Hallyday en ce début de décennie.
Une période souvent négligée, parfois décriée.
Ainsi Jean-Claude Camus n'a guère de complaisance pour elle, lorsqu'il déclare : « Je considère qu'entre Jacques Revaux et Michel Berger il n'y a rien.
(…) Il faut reconnaître que depuis le disque avec Berger, il est reparti très fort, n'ayant jamais vendu autant de disques. ».
Jean-François Brieu a un tout autre jugement : « Ce qui est caractéristique des productions Billon, c'est que l'on aime aller chercher loin dans les références littéraires, on adore déstructurer les mélodies (…), on s'éclate à casser les lignes de basses, les soli trop proprets (…).
Bref, on produit, c'est-à-dire qu'on prend des risques ».1985 marque le début du Top 50, qui mesure l'impact d'un artiste à la hauteur de ses ventes, (et non plus de ses classements dans les hit-parade).
Les classements à venir du chanteur établissent que, de tous les artistes issus des années soixante, Johnny Hallyday résiste au temps et aux modes et est quasiment le seul côtés ventes à pouvoir faire jeux égal avec les nouveaux venus.Vers une nouvelle image (1985-1992)Depuis 1961, le chanteur est tenu par contrat de fournir chaque année un nombre conséquent d'albums et de 45 tours.
Alain Lévy, nouveau patron de Philips, pense que ses enregistrements devraient être moins nombreux afin de lui permettre de les peaufiner davantage.
Dans cette optique, il est fait appel à des auteurs et compositeurs de renoms chargés d'écrire du sur mesure pour Johnny Hallyday et lui permettre d'amorcer ce changement.C'est ainsi qu'au printemps 1985, il enregistre l'album Rock'n'Roll Attitude écrit composé et réalisé par Michel Berger.
Le disque obtient un grand succès public et critique.
De nombreux titres sont des hits et deviennent des standards de son répertoire, notamment Quelque chose de Tennessee qui s'impose comme l'un de ses plus grands succès.
L'album fait date dans la carrière de l'artiste, réactualisant les thèmes « hallydayen » il renouvelle quelque peu son public désormais élargi, son image en est profondément modifiée.Cette métamorphose amorcée par Michel Berger, prend une autre dimension encore grâce au cinéaste Jean-Luc Godard, sous la direction duquel Hallyday tourne le film Détective et avec qui, il monte les marches du palais du festival de Cannes, pour y présenter le film en compétition officielle Après quinze années d'absence au cinéma dans un vrai rôle, Hallyday déclare : « Ce qui m'intéressait avec Godard, c'était de casser mon image de chanteur, d'éloigner le personnage Hallyday».
L'année suivante, le réalisateur Costa-Gavras enfonce le clou avec Conseil de famille, une comédie policière où il confirme un réel talent de comédien.
En revanche, le film Terminus de Pierre-William Glenn en 1987 est un échec retentissant à l'échelle des espoirs qu'Hallyday a fondé sur lui pour pérenniser son récent statut d'acteur.Le 13 septembre 1985, après une seconde opération de la hanche début juin, Johnny Hallyday est de retour sur scène.
Sa participation à la fête de l'Humanité deux jours plus tard est l'objet d'une polémique dans les médias et s'adressant au public, le chanteur déclare : « Pour remettre les choses à leur place, j'aimerai vous dire que je suis très heureux d'être ici avec vous à la fête de l'Humanité, car avant tout c'est une fête… des Français ».Cette année-là voit la naissance des Victoires de la musique.
Plusieurs fois nommé, (meilleur album rock, meilleure pochette, meilleur clip pour Quelque chose de Tennessee (réalisé par Bernard Smith), l'album Rock'n'Roll Attitude, n'en remporte aucune.1986, marque sa séparation, en mars, avec Nathalie Baye.
C'est aussi la première année d'une carrière commencée 26 ans plus tôt, où Johnny Hallyday n'est pas sur scène.À l'automne, il enregistre Gang, un album écrit et réalisé par Jean-Jacques Goldman.
Il sort le 6 décembre et est certifié disque de platine en deux semaines.
Plus encore que le précédent, l'opus regorge de tubes en devenir : J'oublierai ton nom (en duo avec Carmel), Je te promets (dont le succès « flirte » avec les sommets atteints par Que je t'aime), Laura (premier titre du chanteur à être diffusé en CD single), qui bat des records au Top 50 où il reste classé six mois durant.Accompagné par une nouvelle formation, (notamment Norbert Krief, ancien guitariste de Trust), il chante au palais omnisports de Paris-Bercy, du 15 septembre au 4 octobre 1987.
Produit par Jean-Claude Camus et Gilbert Coullier, mis en scène par Michel Berger, le spectacle Johnny se donne à Bercy se joue à guichets fermés.
Présent sur scène dès le lever de rideau, Johnny, façon Jerry Lee, debout au piano, (clin d'œil à la chanson de France Gall), joue l'introduction d'un tour de chant qui compte sept reprises sur les vingt deux titres d'un répertoire essentiellement extrait des deux derniers albums.
Pour la première fois, une chanson lente, Quelque chose de Tennessee, termine le spectacle.
(Johnny à Bercy).Jusqu'à la fin de l'année et durant une grande partie de 1988, le chanteur tourne en province où son passage est bissé voir triplé dans de nombreuses villes.En 1989, Antenne 2 diffuse la série David Lansky, un policier aux méthodes musclées, avec dans le rôle titre Johnny Hallyday.
Fait rare, à l'occasion de la première diffusion, l'ensemble des magazines TV consacrent leur une à « Johnny-Lansky ».
Sur les six initialement prévus, quatre épisodes sont tournés.Son 36 album studio, Cadillac, sort en juin.
Étienne Roda-Gil signe l'ensemble des textes et réalise l'album.
Plus rock que les précédents opus, le disque consacre plusieurs chansons à la moto.
De moteur, de rock et de grand espace, il en est encore question avec la chanson Cadillac : évocation de Antoine de Lamothe-Cadillac, aventurier français, qui fonde en 1701 ce qui devient la ville de Détroit, berceau de l'industrie automobile.
La poésie de Roda-Gil, dans un raccourci qui mêle les époques et réécrit l'histoire, fait de l'aventurier le « père fondateur du Rock'n'Roll ».Aux côtés de Véronique Sanson, Jean-Jacques Goldman, Michel Sardou et Eddy Mitchell, du 6 au 14 novembre, il participe à la toute première tournée organisée au profit des Restos du Cœur, fondés par Coluche en 1985.
L'album Tournée d'Enfoirés est rapidement commercialisé au bénéfice de l'association.Accompagné par Pierre Billon, Tony Frank et Adeline Blondieau, Johnny Hallyday, au printemps 1990, traverse d'est en ouest les États-Unis, à moto.
Fille de son ami Long Chris, Adeline épouse Johnny en juillet à Ramatuelle.
Dans cette même ville, il entreprend la construction d'une villa qu'il nomme Lorada.Devant plus de deux cent cinquante mille spectateurs, du 15 septembre au 4 octobre, Johnny présente, à guichets fermés son nouveau spectacle Dans la chaleur de Bercy.
Il reprend Honky Tonk Woman des Rolling Stones, Diego, libre dans sa tête de Michel Berger, et pour la première fois, inscrit à son répertoire Je ne suis pas un héros.
Les chansons Je te promets et L'envie, pour lesquelles il est accompagné par l'Orchestre Symphonique d'Europe, clôtures le récital.
(Dans la chaleur de Bercy).Par deux fois au cours de l'année, le chanteur est censuré.
En janvier, le clip Les vautours, considéré trop violent, est interdit de télévision.
Durant l'automne, son single Je ne suis pas un héros est interdit d'antenne pour cause de guerre du Golfe, certains y voyant une provocation.En septembre 1991, sort l'album Ça ne change pas un homme, enregistré à New York et réalisé par Mick Lanaro.
A contrario des précédents, l'opus propose un florilège d'auteurs compositeurs : Art Mengo, Jon Bon Jovi, Patrick Bruel, Tony Joe White, Philippe Labro...
Johnny interprète plusieurs chansons d'une étudiante coréenne de 19 ans, Ysa Shandy, dont Tien a men et Dans un an un jour (dernière composition de Mort Shuman décédé quelques mois plus tôt).À l'automne 1992, pour la troisième fois, il est à Bercy.
Le spectacle débute par une séquence de prestidigitation, où on le voit descendre des limbes vers la scène, dans un ascenseur présenté vide quelques secondes plus tôt.
Un morphing des visages du chanteur de différentes époques est diffusé tandis qu'il chante Ça ne change pas un homme.
Sur Quelque chose de Tennessee, il rend hommage à Michel Berger disparu durant l'été, tandis qu'avec l'inédit J'ai tout donné il inscrit au tour de chant une séquence hard rock.
Point d'orgue de ces quelques moments du show, Hallyday, (avant rappel), conclut sur Poème sur la 7, au terme duquel dans un écran de fumée, il s'élève vers les cintres emporté par une grue mécanique.
(Bercy 92).D'un stade à l'autre (1993-1998)Pour le spectacle « Retiens ta nuit » qu'il joue les 18, 19 et 20 juin 1993, au Parc des Princes, Johnny gagne la scène par la pelouse en fendant la foule.
Les images de cette entrée font le tour de l'Europe, suscitent nombre de commentaires dans la presse et ceux d'artistes internationaux, tels que Tina Turner ou Mick Jagger.
Le récital compte cinquante deux chansons, (une vingtaine réparties sur quatre medleys) et plusieurs duos ; David Hallyday, Michel Sardou, Eddy Mitchell chantent avec lui, tandis que Joey Greco et Paul Personne l'accompagnent à la guitare sur quelques titres.
Sylvie Vartan traverse le pont en acier - reproduction du Golden Gate Bridge de San Francisco - qui orne la scène, au volant d'une MG avant de rejoindre Johnny et de chanter Tes tendres années a capella, puis en duo Le feu et Je veux te graver dans ma vie.
Hallyday livre un show de plus de trois heures et attire un total de 150 000 spectateurs.
(Parc des Princes 1993).Cette année-là, sa maison de disques annonce qu'il a déjà vendu plus de 100 millions de disques.Johnny Hallyday enregistre en 1994, à Los Angeles Rough Town.
Fait de Blues et de Rock, ce 38 album studio enregistré en anglais est son troisième du genre et son cinquième dans une langue étrangère.
Afin de promouvoir l'album, il est décidé d'effectuer une tournée française et européenne et de se produire exclusivement dans des petites salles.
Le tour de chant est pour l'essentiel en anglais.
Il termine ses récitals dans « l'Hexagone » à la Cigale de Paris, puis en novembre chante dans plusieurs villes d'Europe du Nord : Zurich, Munich, Amsterdam, Francfort-sur-le-Main, Bruxelles, Düsseldorf, Hambourg.
Comme l'album, cette tournée sans réelle promotion, connaît un succès très confidentiel et certaines dates européennes seront annulées.
(À La Cigale).Enregistré dans sa villa à Ramatuelle, l'album Lorada sort au printemps 1995.
Jean-Jacques Goldman signe deux titres, dont un nouveau succès : J'la croise tous les matins.
À l'automne, le chanteur se produit, pour la quatrième fois, à Bercy.
Le récital composé de plusieurs extraits de Rough Town, de reprises de standards rock'n'roll et d'un titre de Rod Stewart est bilingue et les titres anglo-saxons s'alternent avec ses succès.
Johnny donne une longue séquence acoustique sur une mini scène au milieu du public et conclut son tour de chant avec L'Hymne à l'amour d'Édith Piaf.
(Lorada Tour)Au moment même où Johnny Hallyday investit Bercy, est lancé le projet d'un concert à Las Vegas en 1996.Le 25 mars 1996, un an jour pour jour après leur rencontre, Læticia Boudou devient officiellement madame Hallyday.Initialement prévu en septembre au Riviera, le concert, afin de faire face à la demande, est reprogrammé au dimanche 24 novembre et à L'Aladdin.
Le récital essentiellement rock'n'roll, comprend 'anciens titres longtemps délaissés à la scène et treize inédits créés pour l'occasion, (qui composent l'album Destination Vegas).
L'album (Live at the Aladdin Theatre) reste inédit jusqu'en 2003).Le show Vegas sitôt achevé, le chanteur annonce un prochain spectacle prévu à Bercy en janvier 1998.
(Ce sera finalement au Stade de France et en septembre 1998).Absent de la scène en 1997, exception faite de sa participation à la soirée des Restos du cœur en janvier, Johnny s'offre une année quasi sabbatique ne chantant que pour et avec les autres : il participe à l'album Friends for life de Montserrat Caballé ; chante dans la nouvelle version du conte Émilie Jolie de Philippe Chatel ; est en duo avec Zucchero sur un titre de The Best Of : Greatest hits et fait les chœurs, avec Eddy Mitchell, pour Michel Sardou, sur la chanson Mon dernier rêve, (Salut).Le Monde publie, le 7 janvier 1998, un entretien avec Daniel Rondeau intitulé Les confessions de Johnny, où il confie : « La cocaïne, oui, j'en ai pris longtemps, (…).
Maintenant, (…), j'en prends pour travailler, pour relancer la machine, pour tenir le coup.
Je ne suis pas le seul d'ailleurs.
La poudre et le hasch circulent à mort chez les musiciens.
Il n'y a pas à s'en vanter, je n'en suis pas fier, (…).
Il faut bien savoir que nos chansons, on ne les sort pas forcément d'une pochette-surprise. ».Composé et réalisé par Pascal Obispo Ce que je sais, son 41 album studio sort ce même mois.
La pochette présente un Johnny « relooké », les cheveux courts, lèvres et visage « retravaillés » où moustache et bouc, (définitivement adoptés), sont de rigueur.
Le 26 janvier 1998 au Zénith, Hallyday est de la distribution du traditionnel concert des Enfoirés.Le 18 juin, La Marche du siècle sur France 3, diffuse La nuit des hommes libres réalisé par Daniel Rondeau.
Sur le générique de fin, Johnny chante Le Chant des partisans, avant que la chanson ne soit diffusée à l'automne de façon plus pérenne sur le single Seul.Le vendredi 4 septembre, la première au Stade de France est annulée, quelques minutes avant le coup d'envoi, pour cause de forte pluie et est reportée au 10 septembre.
L'annonce est faite au public par Jean-Claude Camus, producteur du spectacle.Le lendemain, Hallyday fait son show.
Un hélicoptère, (piloté par Michel Drucker), dépose Johnny sur le toit du stade, d'où il « disparait » pour, quelques secondes plus tard, apparaître au milieu du stade dans un écran de fumée.
La musique que j'aime donne le coup d'envoi d'un récital de trois heures, agrémenté de plusieurs duos, d'une séquence acoustique et d'une autre symphonique, où pour la seconde fois, il est accompagné par l'Orchestre Symphonique d'Europe.
Allumer le feu, se joue sous un feu d'artifice et de lumières, avant que Johnny ne conclue avec la reprise de Sur ma vie de Charles Aznavour.L'édition du Parisien du dimanche 6 septembre publie que « Johnny Hallyday aurait chanté en playback hier au Stade de France ».
Le soir même, le chanteur en direct à la télévision dément cette affirmation.
Sur scène, ce soir là, il casse volontairement le rythme des chansons, afin de démontrer au public qu'il chante bien en direct, le fait constater par huissiers, engage une action en justice pour diffamation et obtient réparation avec dommages et intérêts, (le jugement est rendu le 23 juin 1999).
Ironie du sort, le vendredi 10, le chanteur joue la dernière représentation sous une pluie torrentielle.
(Stade de France 98 Johnny allume le feu).Records et popularité (1999-2005)En 1999, l'album Sang pour sang, composé et réalisé par David Hallyday, obtient

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Morceaux populaires

Je Te Promets

209

Laura

199

J'ai oublié de vivre

198

Ma Geule

144

Elle M'oublie

143

Regarde-nous

120

Quelque Chose De Tennessee

113

Allumer Le Feu

97

J'Oublierai Ton Nom

88

Le Pénitencier

88

Que Je T'aime

82

L'envie

76

Avant

71