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Carpenters

« Peu importe que vous aimiez leur style de musique ou non.
C’était la magie dans la voix de Karen qui était si apaisante, et la luxuriance des strates de leurs harmonies qui donnaient de doux nuages de son ».
Carnie Wilson (fille de Brian, du duo Wilson-Phillips)Close To YouKaren et son frère aîné sont élevés à New Haven puis à Downey en Californie.
Tous deux dotés d’une superbe voix, ils étudient la musique, lui le piano, elle la batterie, et forment un trio avec Wes Jacobs, vite dissous.
En 1966 le trio remporte un concours réservé aux artistes amateurs à l’Hollywood Bowl à Los Angeles, le « Battle of the bands ».
Les Carpenter décrochent un contrat avec RCA qui ne donnera rien, et étudient de près les harmonies des Beatles et Beach Boys qu’ils essaient de reproduire.
L’année suivante ils forment le groupe Summerchimes, changé en Spectrum, avec des collègues étudiants.
L’un d’eux est John Bettis, qui écrira ensuite les paroles de nombreuses chansons du duo (puis pour Diana Ross, Madonna, Michael Jackson des années plus tard).Des maquettes réalisées dans le garage de leur ami le bassiste de séances Joe Osborn séduisent le musicien Herb Alpert, co-boss de A & M, et une tiède reprise des Beatles, « Ticket To Ride », fait une incursion dans les « charts » en mars 1970.
Dénichée par Herb Alpert sur l’album Make Way For Dionne Warwick de 1964, la chanson de Burt Bacharach et Hal David « (They Long To Be) Close To You » est choisie comme nouveau 45 tours, alors que le duo travaillait justement sur de nouveaux arrangements d’autres chansons méconnues de Bacharach pour un concert de charité que celui-ci organisait.
Richard Carpenter n’aime pas trop la chanson et l’omet du « medley » qu’il prépare pour l’occasion.
Alpert la leur fait enregistrer néanmoins, en enjoignant Richard de rajouter quelques glissandos de piano à la fin de chaque vers.
Pas à la hauteur, Karen est remplacée à la batterie par le vétéran Hal Blaine, tandis que le trompettiste Chuck Findley rajoute la « touche Bacharach ».
La voix pure de Karen enjolive le tout, et l’une des grandes chansons de la musique pop contemporaine est née.
Les stations de radio « grandes ondes » l’entérinent, et la chanson est n°1 durant l’Eté 1970 aux Etats-Unis, aidant l’album à se hisser n°2 et à se vendre à deux millions d’exemplaires.
« We’ve Only Just Begun » écrit par Paul Williams est leur deuxième hit dans la foulée, n°2 en octobre suivant.SuperstarsLes arrangements délicats et la voix d’alto angélique au registre élevé de Karen Carpenter (trois octaves) dominent la première moitié des années 70 ; le duo vend même plus de disques que son rival dans le genre Simon & Garfunkel, et les récompenses pleuvent.
Si le milieu rock/pop le dénigre pour ce qu’il qualifie de sirop, l’Amérique profonde adopte ce couple familial si souriant et mignon, aux si belles voix roucoulant des chansons d’amour, sur des tempos moyens, le plus souvent de ballades.La recette fonctionne à merveille, et nous donne de purs joyaux mélodiques et harmoniques, intemporels, à l’encontre de nombre de productions à la mode de l’époque qui ont, elles, bien mal vieilli.Une série impressionnante de hits s’ensuit, parmi lesquels une inévitable « chanson de Noël », puis « For All We Know » début 1971 (oscar de la meilleure chanson de film pour Lovers And Others Strangers), le splendide « Rainy Days And Mondays » en mai, « Superstar » écrit par Leon Russell en septembre, inclus dans le troisième album Carpenters qui se vend deux fois plus que le précédent.
145 concerts et dix apparitions à la télévision dans l’année ont aidé à sa promotion : il reçoit le Grammy du Meilleur Album de l’année par un duo ou groupe vocal.Richard Carpenter devient maître dans le choix des chansons qui conviennent le mieux à sa sœur.
En témoignent « Goodbye To Love » en 1972 (orné de deux solos de guitare saturée qui leur vaudra des lettres d’insultes de la part d’un public outré) et surtout le joyeux « Sing » début 1973 et son introduction miraculeuse à la flûte et à la trompette, enchaînée avec la voix calme de Karen Carpenter : « sing our song, sing it out loud, sing it out strong », et un chœur d’enfants puis d’adultes pour le long refrain ; une vraie trouvaille efficace.
Les Carpenters envahissent les ondes et les bacs cette année-là : « Yesterday Once More » de Carpenter et Bettis (qui écrit là l’un des premiers textes nostalgiques sur la musique des années 60) est le véhicule irrésistible pour Karen soutenue par de discrets violons et des « shoo bi doo la la la wow wow » à fondre.En mai, les Carpenters sont invités à se produire à la Maison Blanche pour le président Richard Nixon.
Le « best of » (déjà…) Singles 1969-1973 est un énorme succès commercial pour les fêtes de fin d’année, incluant le nouveau 45 tours, le countrysant « Top Of The World » qui est n°1 le 1er décembre 1973.
Un an plus tard leur reprise du « Please Mr.
Postman » des Marvelettes, déjà n°1 dans sa version originale en 1961, l’est une seconde fois par les Carpenters le 25 janvier 1975, suivi dans la foulée par une autre composition Carpenter/Bettis, « Only Yesterday ».Après une douzaine de 45 tours qui ont été disques d’or et près de quatre cents concerts donnés en 1973 et 74, les Carpenters marquent le pas et ne s’en remettent pas, malgré la popularité qu’ils ont accumulée, aux Etats-Unis comme en Grande Bretagne et surtout au Japon.
Leur reprise de « Solitaire » de Neil Sedaka n’est pas le tube espéré en 1975, ni celle de « Breaking Up Is Hard To Do » du même en 1976.
Et Horizon n’a pas dépassé le million de copies vendues.Le déclinLa mode change, et en 1976 les harmonies vocales n’ont plus la faveur du public lassé, et sûrement pas celle de la nouvelle génération, réfractaire à leurs dents blanches et aux arrangements qualifiés de sirupeux.
La vague disco prend le dessus, bientôt suivi par la déferlante punk, et leur musique passe presque instantanément à la trappe.
Leur reprise de « There’s A Kind Of Hush (All Over The World » du groupe pop Anglais Herman’s Hermits est le dernier hit des Carpenters, en mars 1976.
Une cinquantaine de concerts prévus est annulée, et leurs apparitions à la TV se font rares ; Karen Carpenter est épuisée et a considérablement maigri (elle s’est évanouie lors d’un concert à Las Vegas en 1975), tandis que son frère est accro aux sédatifs.Le duo tente de se maintenir, y parvient par épisodes, avec les 160 chanteurs et musiciens utilisés pour « Calling Occupants Of Interplanetary Craft » en octobre 1977 (n°9 en Angleterre), puis avec le « Sweet Sweet Smile » de Juice Newton (la créatrice de « Queen Of Hearts » en 1981).
Richard Carpenter au repos, sa sœur enregistre un album en mai 1979 avec le producteur Phil Ramone et une partie de l’orchestre de Billy Joel.
Les réactions à l’écoute du résultat sont si négatives que Karen décide d’enterrer son projet, et ce disque pourtant agréable ne verra le jour qu’en 1996 (Karen Carpenter sur A & M).En 1980 le tandem propose son propre show TV sur ABC, Music Music Music où il invite Ella Fitzgerald, et c’est une Karen en meilleure forme qui se marie avec l’entrepreneur Tom Burris en août 1980 dont elle divorce à la fin de l’année suivante.
Made In America en juin 81 est un échec total, bien que « Touch Me When We’re Dancing » pénètre dans le top 20, dernier succès des Carpenters.
Un an plus tard, Karen Carpenter dont la santé a brutalement décliné, est admise dans un hôpital New Yorkais.
Terrifiée à l’idée de prendre du poids, son abus de médicaments pour soigner une glande thyroïde, dont elle ne souffre pas, et de laxatifs, l’a rendue anorexique.
Son rapide regain de poids lors de son hospitalisation (quinze kilos en un mois) a épuisé son cœur, et la grande voix des années 70 s’éteint à 32 ans le 4 février 1983 à l’hôpital de Downey en Californie chez ses parents.Sa disparition a entraîné une prise de conscience bénéfique de la part du public anglo-saxon sur les dangers de l’anorexie comme de la boulimie.
Son frère entame alors une série de diffusions de la partie encore inédite du répertoire enregistré des Carpenters, tout en poursuivant une carrière solo sans relief (Time en 1987) et en interdisant la diffusion à la télévision d’un documentaire fictif Superstar : The Karen Carpenter Story, mais en permettant celle d’un autre documentaire auquel il a collaboré, The Karen Carpenter Story en 1989.L’héritageMéprisé par l’intelligentsia du milieu musical en son temps, l’art de ce duo unique a pourtant bien résisté au temps et a même été réhabilité par certains critiques, grâce à des mélodies mémorisables et des arrangements à la fois subtils et somptueux, écrin parfaits pour l’une des plus belles voix féminines de la musique populaire américaine du XXème siècle.
Il existe même une pétition sur le Web pour souscrire à l’introduction des Carpenters au Rock & Roll Hall of Fame (www.gocarpenters.com), et un album-hommage est sorti en 1994 (A Tribute To The Carpenters sur A & M), avec les participations de Sonic Youth, Redd Kross ou Grant Lee Buffalo.

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Morceaux populaires

Yesterday Once More

441

(They Long To Be) Close To You

281

Close To You

247

(They Long To Be) Close To You

244

Top Of The World

226

Merry Christmas Darling

203

Sing

159

There's A Kind Of Hush

120

Where No One Stands Alone

94

Close to you

35

Can't Smile Without You

23