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Johnny Winter

C'est dans l'hiver texan de la fin de la seconde guerre mondiale (le 23 février 1944, et à Beaumont) que John Dawson Johnny Winter III voit le jour.
Ses parents John et Edwina l'initient très précocement (ainsi que son jeune frère Edgar, de trois ans son cadet), aux joies de la musique, et les emmènent au concert, applaudir Bobby Bland, Muddy Waters, ou B.B.
King.
Les quatre sont souvent les seuls blancs de l'assistance.
Dans le poste de radio, le mythique The Big Bopper (animateur texan qui connaîtra son heure de gloire avec la chanson «Chantilly Lace», avant de disparaître dans le même accident d'avion que Buddy Holly), dans les yeux de l'adolescent, le triste spectacle d'une ville pauvre, peuplée d'ouvriers de chantier naval, et célèbre par les émeutes raciales les plus sanglantes du pays, et dans son c?ur, le rock and roll.Á la télévision ce soirDès le milieu des années cinquante, les deux frères se produisent dans des programmes pour enfants de chaînes de télévision locales, chantant en s'accompagnant à l'ukulélé, et à la clarinette.
C'est en 1959 que Johnny (et son frère Edgar au piano) And The Jammers enregistrent un premier 45 tours sur un label de Houston.
Durant près de dix ans, Winter écume le Texas, avec ses propres groupes (It And Them), ou partageant le leadership avec son frère (au sein de Black Plague), puis finit par s'installer à Houston.
La presse musicale (et en particulier le magazine Rolling Stone) évoque alors Johnny Winter comme l'attraction musicale texane la plus dévastatrice depuis Janis Joplin, et son attaque agressive du manche commence à faire florès.Premier(s) album(s)Au mois de mai 1969, Johnny Winter entre en studio pour enregistrer un premier album sous le nom de The Progressive Blues Experiment, belle collection de reprises - comme celle du «Rollin' And Tumblin'» de Muddy Waters - mais qui ne parviendra sur le marché international qu'après la sortie d'un deuxième disque (enregistré un mois plus tard), éponyme, mais toujours en compagnie du batteur Johnnie Mac Uncle John Turner, ardent défenseur de la scène blues d'Austin, et du bassiste Tommy Shannon (qui rejoindra plus tard le Double Trouble de Stevie Ray Vaughan).
Winter, qui vient de se produire au festival de Woodstock (où il a été rejoint sur scène par son frère), est désormais une star: peu résiste encore à son style de guitare éruptif, sa voix rauque, et à sa silhouette de héron à chevelure immaculée.
Au mois d'octobre sort le troisième (sic) album du musicien durant l'année 1969: Second Winter a la particularité d'être un double album à trois faces (trop de chansons pour un format simple, et pas assez pour un double volume).AddictionLes sessions se succèdent (Johnny Winter And, du nom de son éphémère groupe, incluant l'ancien McCoys Rick Derringer à la deuxième guitare, en octobre 1970, et Live Johnny Winter And en 1971).
Mais, simultanément, le guitariste s'enfonce dans une profonde addiction à l'héroïne.
L'album Still Alive And Well salue en 1973 sa guérison supposée, confirmée par Saints & Sinner et John Dawson Winter III (1974), Captured Live! et Together: Edgar Winter And Johnny Winter Live (1976), et Nothing But the Blues (1977), enregistré avec les musiciens habituels de Muddy Waters.ProducteurLa même année, Johnny Winter réalise un rêve de fan en produisant Hard Again, album de Muddy Waters.
Alors qu'il enregistre pour son propre compte White, Hot And Blue, il persiste et signe avec son idole en 1978 (I'M Ready), puis en 1979 - Muddy Mississippi Waters Live - et, enfin, en 1980, avec l'ultime enregistrement du bluesman noir (King Bee).
Ses productions lui vaudront l'hommage de deux Grammy Awards.
Dans ses derniers jours, Muddy Waters surnommera Winter son fils adoptif.Une production régulièreToujours en 1980, Winter enregistre Raisin' Cain, puis poursuit sans discontinuer diverses sessions prolifiques: Guitar Slinger (1984), Serious Business (1985), et Third Degree, enregistré en 1986 en compagnie de Dr.
John.
La même année, Winter produit un album de l'harmoniciste Sonny Terry (Think I Got The Blues).
Puis, il retrouve les studios pour son propre compte, et édite The Winter Of '88 (...1988), Let Me In (1991) avec Albert Collins, l'ironique Hey, Where's Your Brother? et Scorchin' Blues (1992), Live In NYC '97 (1998), et le péremptoire - mais justifié - I'm a Bluesman (2004).
Tout au long de sa carrière, le guitariste a vu des commerçants peu scrupuleux éditer sans son accord des faces de jeunesse, le présentant dans un contexte inhabituel (pop, rock psychédélique) et allant jusqu'à reprendre le lettrage de certains disques officiels.
Par la suite, Johnny Winter, qui a définitivement liquidé son passé rock (malgré une participation en 1993 à un hommage à Bob Dylan), contraint de jouer assis pour raisons de santé, ne se consacre qu'à son éternelle passion: le blues.
En 2014, il enregistre ce qui sera son dernier album, Step Back, avec ses amis Eric Clapton, Dr.
John, Ben Harper et Joe Bonamassa.
Sa sortie programmée au mois de septembre est devancée par une triste nouvelle : le décès du guitariste, le 16 juillet à Zürich (Suisse), lors d'une tournée européenne.
Johnny Winter était âgé de 70 ans et venait de se produire au festival de blues à Cahors.
Step Back sort comme initialement prévu le 1er septembre et constitue le dernier témoignage du talent de l'albinos de la six-cordes.

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